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Depuis
les débuts de l'Ere chrétienne, l'Ecosse et la France
entretiennent des relations privilégiés, qui vont soudain
s'officialiser en 1295 avec l'Auld Alliance. A la fin
du XIIIème siècle, Philippe le Bel est virtuellement
en guerre contre le roi d'Angleterre dont les menaces
territoriales sur l'Ecosse pèsent aussi gravement sur
sa dynastie royale dont les Stuart hériteront au XIVème
siècle. Les Stewart, installés outre-manche, et devenus
Stuart entre temps, ne perdront jamais le contact avec
la France.
En 1419, la situation est critique ! Le roi
fou Charles VI est l'otage des Bourguignons alliés des
anglais, la Nord-ouest de la France est passé à l'ennemi
et Paris attend le coup fatal. La légitimité française
repose entre les mains d'un adolescent que les anglais
appellent par dérision le roi de Bourges.
L'armée
française est défaite à Azincourt et la résistance nationale
ne peut compter que sur l'Ecosse pour lui venir en aide.
Cette dernière chance c'est l'Auld Alliance qui l'incarne.
"The old custom of helping France in its hour
of need" (la vieille coutume d'aider la France
à l'heure du besoin) comme le dira Jacques 1er d'Ecosse.
Un premier contingent de 5000 écossais débarque à La
Rochelle.
En 1420 l'annexion française au royaume d'Angleterre
est officialisée par le traité de Troyes, Henry V roi
d'Angleterre obtient la main de Catherine de France,
ce qui lui permet alors d'accéder au trone de France. Pour les écossais, ce traité correspond à une véritable
déclaration de guerre, car l'Ecosse des Stuart se retrouvera
elle aussi seule devant l'ennemi..
En 1421, le débarquement
d'un second corps expéditionnaire écossais, permettra
de déjouer les plans anglais et de passer à la contre-offensive.
Au soir du 21 mars 1421, la victoire des troupes franco-écossaises
est totale. L'ennemi est défait et le duc de Clarence
frère du roi d'Angleterre est mort. Cette victoire
vaudra au Comte de Douglas (écossais) l'épée de connétable
de France et à ses troupes l'intégration de leurs meilleurs
éléments à la garde personnelle de Charles VII , la
fameuse "garde écossaise".
En
1429 Jeanne d'Arc qui commence l'action qui va permettre
de libérer Orléans des Anglais est accompagnée de 400
archers écossais. Les écossais trouveront la consécration
lors du sacre de Charles VII, avec notamment Patrick
Ogilvy, commandant des archers écossais, qui assiste
à la cérémonie dans la cathédrale accompagné de ses
hommes. Plus
tard Louis XII accordera la double nationalité aux écossais
dont les soldats s'illustrent dans les campagnes d'Italie,
particulièrement Berault Stuart qui administre la Calabre
au nom de la France.
Le XVIème siècle verra l'apogée
de l'Auld Alliance avec le mariage de François II et
Marie Stuart , dont la mère, Marie de Guise est française.
L'Auld Alliance s'éteindra naturellement quand l'Ecosse
basculera dans la religion réformée au XVIIème siècle.
Toutefois des liens privilégiés perdureront par delà
les régimes politiques et les retournements de l'histoire.
Ainsi quand le roi d'Angleterre Jacques II et VII d'Ecosse
est évincé par son gendre Guillaume d'Orange, Louis
XIV l'accueille au château de St Germain en Laye. Cette
immigration jacobite (stuartiste) sera à l'origine de
la franc-maçonnerie en France.
En effet parmi les fondateurs
de la première loge en 1725 on retrouve deux écossais,
le chevalier Maskelyne et Charles Radclyffe. Initiateur
du projet de reconquête du royaume des Stuart, Charles
Edouard, petit fils de Jacques II, embarquera le 2 juillet
1745 à St Nazaire à bord d'un bateau de guerre le Du
Teillay, armé par des armateurs jacobites réfugiés
en France, les Walsh.
Après
avoir regroupé des partisans en Ecosse, celui que l'on
surnommera Bonnie Prince Charlie marchera sur Londres
avec une armée qui sera contrainte à une retraite précipitée
à 80 kilomètres de la capitale anglaise. Le combat final
aura lieu à Culloden où les troupes anglaises menées
par le Duc de Cumberland, écraseront les troupes "stuartistes"
définitivement.
En 1944 lors du débarquement allié sur
les plages de Normandie, Lord Lovat (voir rubtique DDay) originaire d'Inverness,
rappelera au français la vieille alliance qui unit les
deux peuples. Le général Lovat était en fait un descendant
d'un militant jacobite réfugié en France dans les années
1750.
Vêtu d'un pantalon de velours, d'un pull
à col roulé et d'un béret, Lovat escorté de son bagpiper
perpétuait en ce jour le plus long la grande tradition
écossaise de l'Auld Alliance, faite de désinvolture,
d'élégance et de fidélité.
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