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Personne, surtout en
Normandie, n'a oublié le débarquement des forces alliés
sur les plages françaises le 6 juin 1944. Parmi tous
ces hommes, anglais, canadiens, américains, français
.... il y avait aussi des écossais. Le plus connu d'entre
eux reste Lord Lovat et son joueur de cornemuse Bill
Millin. Lord Lovat débarque
le matin du 6 juin à la tête de la "Special Service
Brigade", dans lequel se trouve les commandos français.
Il débarque avec ces troupes sur la plage qui porte
le nom de code "Sword Beach", en fait aux
alentours de Ouistreham. Il a osé
apporter une cornemuse pour encourager ses braves ! C'est un drôle d'Ecossais,
un seigneur des Highlands en gilet de daim dont la famille jadis possédait une
armée privée de mille hommes, un gentleman qui plaide pour la mort dans la
dignité. Sa mission est d'allé relever
le major John Howard, parachuté dès minuit sur le pont
de Bénouville.
Cet aristocrate
britannique est Simon Fraser, 24ème chef du clan Fraser,
commande les "Lovat Scouts", une unité formée
par son père pour servir dans la guerre des Boers, puis
transformée en 1942 (une suggestion de Churchill).
Les commandos n° 4, 3, 2 et 45 (Royal Marines Commandos) formaient eux-mêmes la
1ère Brigade des services spéciaux, partie de choc de la 6e Airborne Division, à
laquelle était dévolue la lourde tâche de prendre pied à l'extrême gauche de la
ligne du débarquement allié, ce qui était et que l'on a depuis gardé coutume
d'appeler «la charnière sur Caen». Un esprit chevaleresque, un enthousiasme
unique, incroyable, animait et soulevait les hommes de la 1ère S.S. Brigade. Ces
Anglais, ces Gallois, ces Ecossais et ces Français se fondaient, se mêlaient,
intimement soudés par un même but et commandés par un seul chef, le prestigieux
lord Lovat, le héros du raid de Dieppe (où il dirigeait déjà, au titre de
colonel, la poignée de Français du 4e commando), le géant aux yeux bleus, le
pair d'Ecosse qui avait déclaré à sa brigade avant le départ: «Plus de la moitié
d'entre vous restera sur la terre de France. Souvenez-vous que vous allez au
combat avec «Commando» sur les épaules ! Un commando sait mourir en silence...
Nous lutterons à un contre cinq, pas de vivres ni de munitions avant trois
jours... Vous débarquerez avec tout votre ravitaillement personnel, vous
nettoierez les plages, ferez le passage de l'infanterie puis nous irons tenir
les positions sur Caen pendant huit jours, en attendant la relève de la 51 ème
Division».
Revenons à la mission
de Lord Lovat. En fait pour bien comprendre l'importance
des objectifs de la Special Service Brigade, rappelons
ce qui'il s'est passé à minuit lors de l'attaque des
ponts de l'Orne par John Howard.
La mission de John
Howard et l'intervention de Lord Lovat
John Howard qui à pour mission de s'emparer des deux ponts sur l'Orne et du
canal de Caen, font route dans la nuit vers le canal de l'Orne. Les 3 planeurs
chargés du pont de Bénouville - surnommé "Pegasus Bridge" (le "Pont
Pégase") pour l'occasion, à cause du surnom de la 6ème division : Pégase - se
posent à moins de 50 mètres du pont.
La
surprise est totale. Les bombardiers qui tractent les planeurs, afin de faire
croire aux allemands qu'ils ne sont pas dans les environs dans le but de
capturer les ponts, bombardent une usine de ciment située plus au Sud
des objectifs de la 6ème Division Aéroportée. La jeune sentinelle d'orignie
slave ne fait pas réellement attention au bruit qu'elle a entendu et préfère
attendre le jour pour inspecter les environs du pont de Bénouville. Les soldats
anglais, sonnés, émergent des planeurs et après une légère attente, s'infiltrent
dans les blockaus sans faire de bruit et y égorgent les quelques soldats
allemands endormis.
Soudain, le premier coup de feu éclate, l'alerte est donnée.
Des
fusées éclairantes sont lancées, la panique chez les allemands est complète.
Les
anglais récupèrent l'engin de mise à feu du pont et le mettent à l'abri - cet
engin, les allemands n'ont jamais voulu l'utiliser pour détruire le pont, au
contraire, leur devoir était de protéger le Pegasus Bridge, donc
celui-ci, en fait, ne risquait rien -.
Le
message de victoire "Ham and Jam" ("Jambon et Confiture") sera
lancé aux bateaux Alliés après l'attaque.
Le
pont est pris en 10 minutes, mais un officier est tué et le major Howard craint
une contre-attaque allemande massive. C'est une longue nuit pour lui et ses
hommes qui va donc commencer.
Il
y avait non loin du pont Pégase, au Château de Bénouville, une garnisons de
chars Panzer de 1939 stationnée. Ayant entendu des explosions et des tirs, les
allemands sont venus inspecter les environs mais sans jamais s'approcher du pont
: en effet, ils savaient qu'était organisé la nuit même un entraînement avec
balles à blanc pour les hommes chargés de défendre le pont. Seul un char prit la
route de Bénouville et se présenta devant les parachutistes britannique : ces
derniers le firent exploser avec le seul P.I.A.T. ("Projectil Infantery Anti
Tank", un bazooka britannique) qu'ils avaient. Mais aucun autre char ne vint les
déranger.
Le
lendemain, vers midi, après que les hommes d'Howard aient détruit le char
allemand de reconnaissance ainsi que deux cannonières ennemies qui
patrouillaient sur l'Orne, la situation reste préoccupante, mais tout à coup
de l'autre côté, on entend un son de cornemuse
s’approcher du pont. A la tête d’un régiment d’Ecossais, lord Lovat, en veste et
pantalon de velours et une carabine de chasse sur l’épaule. Il traverse, en
musique, accompagné de son célèbre joueur de cornemuse Bill Millin, droit sous le feu. Il
fait jonction avec les bérets rouges à 13h32 avec les
hommes d'Howard en ayant 2 minutes 30 secondes de retard sur l'horaire prévu, ce
dont Lovat prend la peine de s'excuser.
Lord Lovat
sera blessé grièvement le 10 Juin mais s'en sortira.
Il nous quittera en 1995.

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