macareux moine ou puffin

 

Avec son énorme bec paré de couleurs vives, porté par les mâles durant la saison des amours, le macareux est l'un des oiseaux les plus faciles à reconnaître. Découvrons un peu plus ce superbe oiseau pas comme les autres. Les macareux passent la majeure partie de l'année loin des terres, se nourrissant de petits poissons et de plancton Ce sont généralement des pêcheurs très efficaces mais une mer agitée peut réduire la visibilité et entraîner leurs poissons favoris à migrer vers des eaux plus profondes, hors d'atteinte.

caractéristiques du macareux moineL'espèce vedette du littoral écossais séduit l'observateur par ses surprenantes couleurs et ses attitudes burlesques. Son superbe bec très coloré (uniquement à la saison des amours) lui vaut le surnom de perroquet des mers. Quand à sa tête, elle rappelle celle d'un clown triste.

Au printemps, les macareux, qui peuvent parcourir jusqu'à 1500 kms vers le large sont irrésistiblement attirés vers leurs sites de nidification. La plupart des colonies écossaises nichent soit sur des iles, soit sur le littoral à l'extrême nord de l'Ecosse. Les macareux se retrouvent donc à terre pour se reproduire.

Ils se livrent alors à des parades amoureuses durant lesquelles les oiseaux se frottent bec contre bec. S'il n'y a qu'une occasion de se reproduire par an, la saison des amours dure longtemps.

Après la ponte de son unique oeuf dans son terrier (souvent anciennement occupé par un lapin), et l'éclosion de ce dernier, la vie des parents est rythmée par leurs voyages entre le nid et la mer, afin de ramener suffisamment de nourriture à leur jeune. Leur bec leur permet de capturer plusieurs poissons à la fois.

Il est facile de savoir si la colonie se porte bien en observant les oiseaux de retour de pêche.

Lorsqu'ils sont nombreux à rentrer avec une demi-douzaine de poissons de bonne taille en travers du bec, cela veut dire qu'il n'y a pas de problème. Au contraire, si une majorité rentre avec un seul petit poisson, la colonie est sans doute en danger.

La pêche des lançons par l'homme au cours de vingt dernières années a causé une véritable hécatombe sur certaines populations de macareux.  Mais il existe aussi d'autres dangers pour la pêche du macareux.

D'autres oiseaux guettent le retour de pêche avec avidité. Mouettes, goélands, skuas et choucas, oiseaux spécialisés dans le vol des poissons capturés par les macareux, n'hésitent pas à essayer de s'approprier cette nourriture avant que nos amis n'aient eu le temps de rentrer au terrier pour les donner à leur jeune.

Ainsi les agiles skuas harcèlent les macareux pour age du macareuxtenter de leur faire lâcher leurs proies puis plongent aussitôt afin de rattraper celles-ci avant qu'elles aient atteint la surface de l'eau. Les macareux usent de leur nombre pour faire face à la pression des prédateurs. Il s'agit du vol circulaire (grande roue) si spectaculaire. Plusieurs centaines d'individus forment alors une sorte de ballet, à quelques mètres du sol seulement.

Outre la grande roue, on observe aussi le vol dit du papillon, exécuté de préference le soir. les oiseaux adultes prennent leur envol, avec de lents battements d'ailes, survolant les terriers à basse altitude avant de mettre le cap vers la mer. Il semble qu'il s'agisse d'une invitation lancée à d'autres membres de la colonie pour que ceux-ci les accompagnent. Parfois, ils font le tour de toute la colonie jusqu'à convaincre un congénère.

Pour le jeune, le dur apprentissage de la vie commence. Pendant toute la période de l'élevage, il reste tapi au fond du terrier. A l'âge de six semaines, durant le mois de Juillet, il quitte le nid sans savoir voler.

Pour éviter d'être la cible des prédateurs, il effectue sa sortie au crépuscule. Le jeune se jette alors dans l'océan où il apprendra seul à pêcher et vivra en solitaire pendant deux à trois ans. Certains ne retournent pas à terre avant l'âge de cinq ans.

C'est en Mai ou en Juin que l'immature revient vers sa colonie de naissance pour y rechercher des cavités disponibles. L'oiseau y trouvera alors beaucoup plus aisément un partenaire s'il est propriétaire d'un terrier. La plupart des macareux patienteront jusqu'à l'âge de sept ans avant de se reproduire.

Le dernier prédateur du macareux est ... l'homme ! Pendant plusieurs siècles, ils ont été pourchassés pour leur chair et leurs plumes, dont on faisait des édredons. De nos jours les activités humaines sont encore une menace pour les macareux . Le piégeage de ces oiseaux dans les filets de pêche reste inquiétant. Heureusement la chasse aux macareux, très pratiquée il y a encore trente ans, est désormais interdite.

Les macareux sont moins sensibles aux marées noires que le pinguoin, membre de sa famille. En effet ils vivent en haute mer et se rapprochent rarement du littoral, où ont lieu la plupart des déversements de polluants. Certaines années en hiver, on trouve des macareux morts, ramenés par les courants, sur les côtes de la mer du Nord, mais cela semble plus lié à la diminution du stock de poissons constituant sa nourriture, qu'à la pollution maritime généré par les marées noires.

Si vous passez par John O'Groats, vous aurez l'occasion alors de voir ces merveilleux oiseaux dans leur ballet.

 

 

puffin ecosse

puffin scotland

 

 

 

Magic Scotland / 2009