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Le Loch Ness est un
lac (loch) qui se trouve à 150 Km au nord de Glasgow et dans la
région des Highlands, avec les villes de Fort Augustus au Sud et Inverness au
Nord. C'est surtout avec ses 40 kms de long et ses
230 m de profondeur le plus grand lac du Royaume Uni.
C'est, enfin, un lac sombre, aux eaux froides et à la
visibilité sous l'eau très réduite tant les particules
de tourbe en suspension sont nombreuses. Le lac, qui est à 16 m au-dessus du niveau de la mer, communique avec celle-ci
par la rivière Ness. Il y a dix mille ans, quand les glaciers recouvraient
l'Écosse, il semble que le Loch Ness devait communiquer avec la mer. Une fois le
poids de ces glaciers disparu, le sol s'est soulevé de 16 m, isolant les eaux du
lac. Les animaux qui y vivent ne sont donc là que depuis moins de dix mille ans.
Depuis
toujours, les légendes des peuples du Nord sont peuplées de monstres marins.
Beaucoup font référence à une créature au dos bombé et au long cou. C'est
probablement en leur honneur que les Vikings ornaient de "dragons de mer" la
proue de leurs drakkars.En Scandinavie, autour du lac de Storsjö, on peut
encore voir le matériel mis en place au XIXe siècle pour capturer un monstre
local. En Irlande, on parle beaucoup des kelpies ("chevaux de mer") dans la
région des loughs du Connemara.Le premier rapport qui relate une apparition sur la rivière Ness date de 565
de notre ère, curieusement, on ne s'est intéressé que très récemment au
"monstre" du Loch Ness. Dans ce premier rapport, c'est un saint qui met le
monstre en fuite. En effet, St Columba venut en 565 évangéliser les Highlandais,
croisa un enterrement aux abords du Loch Ness. Le défunt
avait été attaqué par une bête aquatique alors qu'il
pêchait sur le lac. A la demande de Columba, un de ses
disciples gagna à la nage l'endroit où ce malheur s'était
produit, et le monstre surgit aussitôt des flots. "Tu ne toucheras
pas à cet homme. Retourne sur-le-champ d'où tu viens
!" ordonna le saint en faisant le signe de croix.
La créature obtempéra. Et les témoins édifiés par ce
miracle, embrassèrent la foi chrétienne. Par la suite, les témoignages sur le monstre restent liés à
des superstitions locales. Au XIXe siècle, les aristocrates qui viennent chasser
dans les Highlands entendent parler des fabuleuses créatures des lochs. Certains
en aperçoivent même, au lever du jour, et leur trouvent une "tête de
cheval". Dans le même temps, les marins rapportent l'existence de "monstres
marins" identiques à ceux des lochs. On interdisait alors aux enfants de se
baigner dans le Loch Ness, par crainte du "kelpie".
En 1933, une route touristique est construite sur la rive nord du lac.
Aussitôt, les touristes se mettent à affluer dans la région et le nombre de ceux
qui ont "vu" le monstre grimpe en flèche. Le premier grand article sur le sujet
paraît le 14 avril 1933, dans "l'Inverness Courrier". Quand
le Daily Mail publia, en 1934, un cliché du monstre
pris par le chirurgien londonien Robert Kenneth Wilson,
les chasseurs de chimères commencèrent à affluer - on
sait depuis la fin des années 1980 que la photo était
en "poisson d'avril" !
Tim Dinsdale filma
en 1960 une masse imposante - apparemment animée - traversant
le loch, mais de trop loin pour être identifiée formellement.
On y voit une bosse se mouvoir
lentement au loin, puis traverser le champ de la caméra avant de plonger.
L'analyse du film a conclu que l'objet filmé était "probablement en mouvement"
et qu'il mesurait environ l,70 m de largeur. Sa vitesse estimée était de l6 km à
l'heure.
Nessie, comme on surnomme
affectueusement le monstre, se serait plusieurs fois
aventurée sur le plancher des vaches. En 1522, un certain
Duncan Campbell vit "une terrible bête au bord
du Loch". Plus récemment, le 22 février 1999, une
créature de 10 à 15 mètres de long a été signalée sur
la plage près de Dores. Plusieurs plongeurs auraient
aperçu le monstre, malgré l'opacité des eaux du Loch.
En fait au Loch Ness Investigation Bureau, des milliers de
témoignages oculaires troublants ont été enregistrés. Beaucoup sont
extraordinairement détaillés : la créature aperçue aurait un long cou, parfois
dressé, des bosses sur le dos, et elle se déplacerait assez rapidement (voir
rubrique "apparitions" sur ce site).
Les techniques modernes,
avec le sonar, ont apportées de nouveaux éléments. En
1964 une équipe d'Oxford et de Cambridge
obtient un écho particulier, bien plus fort qu'un écho produit par des saumons.
Trois bateaux se mettent aussitôt en chasse le long du Loch Ness et tentent de
détecter la créature susceptible de renvoyer un tel écho. Ils auront de nombreux
"contacts", mais ne parviendront pas à identifier la source de leur écho.
En 1968, sous la direction du professeur D.G. Tucker, un groupe de chercheurs de
l'université de Birmingham débarque sur les rives du Loch Ness avec un sonar
digital automatique. Le 28 août, un objet qui se déplace à l2 km/h est repéré
sur le fond du lac. Un peu plus tard, un autre écho donne une vitesse de 25 km/h
: manifestement, il ne s'agit ni d'un banc de poissons ni d'un gros poisson
isolé.
La seule conclusion tirée des explorations au sonar tient en une phrase : il
y a, dans le lac, une ou plusieurs créatures vivantes, plus grandes que des
saumons, dont les mouvements sont différents de ceux des poissons, surtout en
plongée.
On ne sait donc toujours
pas si Nessie est bien présente ou non dans le lac,
et, dans l'affirmative, de quel animal il peut s'agir.
Plusieurs avis divergent à ce sujet. Le "reptile" :
incontestablement
la plus populaire. Contre elle, il existe cependant un certain nombre
d'arguments d'ordre biologique. Tout d'abord, la température des eaux du Loch
est
sans doute trop basse pour permettre à un reptile de rester actif. Ensuite,
un reptile serait obligé de faire surface pour respirer, ou de venir à terre
pour pondre ses œufs. Notons pourtant qu'il existe certaines exceptions, qui
confirment ces règles : les tortues d'eau douce d'Amérique du Nord peuvent ainsi
nager sous la glace qui recouvre les lacs. La tortue lyre, elle, parvient à
maintenir sa température au-dessus de celle du milieu ambiant. Certains
spécimens de cette espèce ont été capturés au large des côtes occidentales de
l'Écosse.La piste "mammifère" paraît cependant plus probable. La plupart des phoques,
par exemple, se sentent "comme des poissons dans l'eau", même à des températures
très basses. Pourquoi la créature du lac ne serait-elle pas une sorte de phoque
à long cou ? La seule objection solide contre cette hypothèse reste le problème
de la reproduction : les phoques s'accouplent sur la terre ferme et y élèvent
leurs petits. De plus, ils ont besoin de faire surface régulièrement pour
respirer.
Alors, le monstre serait un poisson ? Après tout, cela pourrait expliquer les
rares apparitions en surface et le mode de reproduction discret.
Malheureusement, la plupart des témoignages ne décrivent pas Nessie comme un
poisson, même géant. De leur côté, les habitants de la région du Loch Ness font
valoir qu'il pourrait s'agir d'une anguille géante, d'une espèce inconnue. Et
les échos sonar recueillis peuvent suggérer des mouvements comparables à ceux
des anguilles.
Alors si vous allez
au bord du Loch, préparer votre appareil photo, et vous
ferez peut-être partie des chanceux qui apercoivent
le monstre !
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