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Si l'on sait que les pictes occupaient une grande partie de la Calédonie au début du Vème siècle, l'identité et l'histoire de ces "hommes peints" est encore mal connue. Le principal témoignage qu'ils nous aient laissé sont les quelques 2000 pierres dites "symboliques" retrouvées au nord des estuaires de la Clyde et du Forth, plus particulièrement en Angus et dans le nord-est.
Si tout laisse à penser que ces monuments pouvaient marquer un territoire, signaler une sépulture, célébrer une alliance, une victoire ou servir à un rituel, la signification exacte de leurs motifs nous échappe. Cet art d'une grande richesse disparut après la fusion des royaumes scot et picte au IXème siècle. Ainsi, faute de datation précise, on classe les pierres pictes en trois catégories. Celles de la classe 1 sont de simples rochers ou des mégalithes de réemploi, incisés de motifs figuratifs ou abstraits, qui ne semblent pas relever de l'iconographie chrétienne. Les pierres des deux autres catégories sont taillées et sculptées en relief. Celles de la classe II présentent souvent des scènes figuratives accompagnées de symboles très travaillés sur une face, une croix et des motifs chrétiens sur l'autre. En revanche, les symboles pictes ont disparu des pierres de la classe III.
Les pierres incisées de la classe II portent des lignes droites ou brisées toujours associées à un symbole abstrait (croissant, double disque, rectangle ...) des objets de la vie quotidienne, une fleur, des animaux .... Vous pourrez donc vous rendre à Aberlemno - dans l'est Angus - où vous découvrirez vingt-cinq remarquables pierres pictes des VIIème-Xème siècles qui proviennent des environs et qui ont été réunies dans l'ancienne école de Meigle. L'une des pierres dressées au bord de la route à Aberlemno présente des motifs également récurrents de l'art picte : le serpent (peut être une allusion à la réincarnation), mais aussi le double disque (qui pourrait représenter ce monde et l'au-delà ou l'union de deux familles), la flèche brisée en Z (peut être un grand guerrier ou la mort) et la paire miroir-peigne (sans doute un symbole féminin).
La pierre dressée dans le cimetière d'Aberlemno illustre l'épanouissement de l'art picte avec le mélange des symboles et des scènes figuratives. La scène de bataille qui orne une de ses faces célébrerait la victoire des pictes sur les angles à Nechtansmere le 20 mai 685. Autre chef d'oeuvre, la stèle qu'abrite la vieille église de Nigg, est ornée sur l'une de ses faces, de figures d'hommes et de bêtes. L'autre porte une grande croix et des motifs abstraits - serpents entrelacés et bossages en haut relief - qui suggèrent une connaissance des arts irlandais et northumbrien et auraient influencé la sculpture d'Iona.
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