Tourbière Ecosse

 

La tourbe en Ecosse

Plus des deux tiers du territoire écossais sont recouverts d'une manteau de tourbe. Celle-ci se trouve dans les régions humides et froides (la température annuelle moyenne doit être comprise entre 2°c et 6°c et les précipitations entre 1.2 m et 2.0 m par an). Elle se forme par accumulation progressive de débris végétaux dont la décomposition est incomplète. Des mousses, de la famille des sphaignes, envahissent les sols lessivés peu fertiles et gorgés d'eau. au fur et à mesure de leur rapide croissance, leur partie inférieure meurt, progressivement étouffée et écartée de la lumière.

L'acidité qui se développe dans ce milieu aquatique froid et peu oxygéné est hostile aux micro-organismes qui dégradent habituellement la matière végétale. Mais lorsque la couche de tourbe très importante et que l'humidité n'est plus suffisante, les sphaignes se raréfient, des lichens et des arbrisseaux apparaissent, la tourbière devient alors lande à bruyère.

TourbeRevenons à la tourbe, celle-ci s'accumule donc sans se décomposer au rythme d'environ 1mm par an. La couche de tourbe peut ainsi atteindre par endroit une épaisseur de plusieurs mètres (jusqu'à 7 mètres pour les tourbières les plus anciennes, soit agées d'environ 7000 ans). Outre les sphaignes, dont chaque espèce possède une couleur caractéristique (du rouge au vert), la tourbière abrite de nombreuses autres plantes remarquables par leur beauté ou leur adaptation à ce milieu hostile.

Le linaigrette à feuilles étroites est munie de racines, qui mesurent plus de un mètre de long, et qui lui permettent d'atteindre le sol et ses nutriments en traversant la couche de tourbe. Au début de l'été, la petite Asphodèle des marais teinte la lande tourbeuse d'un voile jaune-orangé. Son nom latin "ossifragum" signifie 'qui brise les os" : les herbivores qui en mangeait souffraient de fragilité osseuse. En fait, cette déficience est plus problablement liée à la pauvreté en calcium de ces landes marécageuses qu'à la plante elle-même.

Dans un autre genre, les rossolis sont de petites plantes carnivores dont les feuilles lancéolées ou arrondies, sont munies de poils glanduleux rougeâtres qui sécrètent un suc poisseux et se replient sur les insectes digérés ensuite. La Grassette utilise quant à elle la surface gluante de ses larges feuilles vertes afin de piéger ses proies. Grâce à de telles adaptations, ces plantes parviennent à se procurer l'azote indispensable dans ce milieu pauvre en nutriments mais tellement important pour les habitants locaux.

En effet, depuis longtemps, l'homme utilise la tourbe comme combustible. Lors de son prélèvement, le sol est préalablement drainé,Tourbe puis le tapis végétal est soigneusement décollé. La couche inférieure, de couleur brun-noir, est ensuite découpée en briquettes qui sont exposées au soleil et au vent pour être séchées. La strate supérieure est finalement remise en place. La tranchée qui résulte de cette extraction est naturellement inondée : le lent processus de formation de la tourbe peut alors reprendre.

Cette récolte généralement communautaire et limitée aux besoins locaux, respecte l'éco-système car le prélèvement ne dégrade absolument pas la partie vivante de la tourbière. Pratiquée durablement depuis des siècles, elle contraste avec l'exploitation industrielle du tapis tourbeux.

Dans le Caithness, plusieurs centaines d'hectares sont drainés pour lextraction mécanisée de millions de mètres cubes de tourbe : elle est utilisée comme substrat en horticulture, pour sa richesse en matière organique non décomposée et sa forte capacité de rétention de l'eau. Toutefois dans les îles, la tourbe est toujours extraite à la main. A noter, après la première guerre mondiale, quantité de tourbières ont été plantées en connifères pour fournir des étais de mines. Si vous avez une cheminée n'hésitez pas à vous offrir une briquette de tourbe (4£ environ) !

 

 

Briquettes de tourbe

Couche de tourbe

 

Magic Scotland / 2009